Ce vendredi 6 avril au matin, le candidat Jean-Marie Le Pen s’est rendu au Val d’Argenteuil, l’endroit même où en 2005 Nicolas Sarkozy avait parlé de « racailles », lors d’une mise en scène qui restera dans les mémoires (lorsqu’il s’adressa à une pseudo habitante de la cité en lui disant qu’il allait l’en « débarrasser »).

[Rappelons-nous bien que le vieux chef avait déclaré que s’il était élu son « premier déplacement à l’étranger serait en banlieue ».]

Lors de ce déplacement d’une demi-heure, le leader d’extrême droite a gardé la posture qui est la sienne depuis quelque mois, à savoir essayer de séduire le plus possible les personnes issues de l’immigration (tout en voulant éradiquer cette dernière).

C’est pourquoi dans son discours lu ce matin, le vieux chef n’a pas tari d’éloges sur ces enfants issus de l’immigration qui sont « les branches de l’arbre France ». Bien entendu, des piques sont envoyées à l’ancien ministre de l’intérieur. Le Pen affirme que pour lui, il n’y a aucune zone de non droit,  que par opposition à ceux qui veulent « Karchériser », lui veut sortir les habitants de ces « ghettos de banlieue » etc…Enfin, cerise sur le gâteau, mr Le Pen « promet la préférence nationale aux descendants d’immigrés ». Chapeau bas, nous n’avions pas tout vu dans cette campagne.

Hormis ses propos surréalistes, le déplacement de mr Le Pen met en avant deux faits qui s’avèrent gravissimes pour ce pays :

Le leader d’extrême droite, raciste notoire comme il l’a encore une fois prouvé ces derniers jours (les races ne sont pas égales car les « noirs courent plus vite que les autres » et les « blancs nagent mieux »), se déplace en banlieue, dans des quartiers ou la population d’origine étrangère est plus présente qu’ailleurs, dans une indifférence quasi-générale (mises à part deux ou trois insultes). En outre, son « opération séduction » envers les français des quartiers populaires se déroule sans aucune contestation, alors que dans le « paquebot » de Saint Cloud ou en meeting, l’immigration redevient le principal mal dont découlent tous les autres problèmes de ce pays.  La lepenisation des esprits n’est donc pas un vague concept mais bien un fait réel. Il est tout de même incroyable de voir que depuis 2002 et le choc du 21 avril, le racisme et la xénophobie soient banalisés dans ce pays. De plus en plus de personnes souhaitent voter pour le candidat d’extrême droite, non par protestation mais par conviction et ce ouvertement.

Nicolas Sarkozy quant à lui ne peux plus se déplacer en banlieue ou dans certains quartiers populaires, sans que cela ne provoque une émeute, de par ses multiples provocations depuis 3 ans (notamment les termes de « racailles » et de « karsher »). Comment un homme qui est candidat à la magistrature suprême, qui veut être le président de tous les français, peut-il s’abstenir de se déplacer là où le mal est le plus profond ? Comment se fait-il que pratiquement tous les candidats, et même les pires comme on l’a vu ce matin, ont pu se rendre à Argenteuil (ou ailleurs) mais pas Mr Sarkozy.

Il est bien beau de donner des leçons sur l’identité nationale et l’intégration, lors des réunions de famille à l’UMP ou lors de débats télévisés aseptisés, mais il aurait été plus judicieux de se rendre sur place, et discuter avec les personnes concernées, pour essayer de les intégrer dans ce soi disant processus d’intégrations. Nous allons finir par croire que la création de ce fameux ministère de l’immigration et de l’identité nationale n’est faite que pour stigmatiser une partie de la population, et non pour l’intégrer…peut-être est-ce le cas ????

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