Encore une fois notre chère police, dans sa course aux chiffres avant le premier tour des élection, a encore fait de l'excès de zèle (euphémisme).  Mardi 20 Mars, une escouade de policiers investit un café. Mais pourquoi me direz-vous? pour arrêter un grand-père chinois sans papier qui attendait d'aller chercher sa petite fille à la sortie de l'école dans le quartie de Belleville (rue Rampal XIXème arrondissement de Paris). Inutile de rappeler que quelques minutes auparavant, un fourgon entier était rempli de sans-papiers qui venaient de se faire rafler dans les quartiers de Stalingrad et de Goncourt. Cette arrestation violente provoquera la panique des parents d'élèves venus chercher leurs progènitures à la sortie des cours mais également une réaction des riverains et passants qui tenteront de s'interposer. La seule réponse de la police à cet acte civique sera l'usage de gaz lacrymogène et de coups de matraque. La directrice de l'école maternelle de la rue rampal sera également violentée avant d'être placée en garde à vue.

Dans quel pays sommes-nous? Est-ce cela la France des droits de l'homme? un pays où des rafles sont organisées pour arrêter les sans papiers et les expulser? un pays où les policiers font les sorties d'écoles pour arrêter des parents sans papiers? un pays où dans quelques mois on contrôlera les papiers d'élèves de CE1? Un pays où lorsqu'un immeuble brûle on rejette la faute sur des habitants, qui n'auraient semble-t-il pas de papiers et non sur une politique de la ville quasi-inexistante?

La police n'avait-elle pas pour consigne de ne pas interpeller de sans papiers à la sortie des écoles? Le ministre de l'intérieur n'était-il pas censé traiter la régularisation des sans papiers "au cas par cas" en faisant preuve "d'humanité" (c'est-à-dire en privilégiant les sans papiers ayant des enfants scolarisés)? Humanité est un terme que les représentants de l'ordre traduisent plutôt par matraques, menottes ou lacrymos.

Le climat est tellement malsain, qu'on nous demanderait presque de nous mettre à genoux et de remercier la justice de ne pas avoir poursuivi la directrice de l'école qui s'est interposée contre cette rafle. Les seules personnes à remercier sont les riverains qui ont fait acte de civisme et de résistance devant ces forfaits que l'on croyait d'une autre époque. Ces personnes nous laissent encore un petit peu d'espoir. Il n'y a pas que des collabos dans ce pays et c'est toujours bon à savoir à trois semaines des élections.

Pour information, une grève des écoles primaires et une manifestation sont prévues devant le rectorat de Paris vendredi 30 mars pour protester contre le peu de cas fait par le recteur du placement en garde à vue de la directrice de l'école de la rue Rampal.

sarkosspapiersenfants_sans_papiers_gfaffiche_sarkozy